Intro
Fransk • Français

Afshan Rafiq

ancienne députée du parti conservateur (H) au Storting

A votre avis, qu’est-ce que les nouveaux immigrés doivent savoir sur la société norvégienne?

Il est important qu’ils se familiarisent avec l’histoire norvégienne, le régime politique, les lois et les règles norvégiennes et avec leurs droits et obligations en tant que citoyens norvégiens.

Qu’attend la société norvégienne des immigrés?

Qu’ils respectent les lois et les règles norvégiennes, qu’ils apprennent le norvégien et s’adaptent à la société norvégienne.

Et qu’attendent les immigrés de la société norvégienne?

Pouvoir conserver leur culture, leur identité et leurs traditions. Un respect, une compréhension et une tolérance à l’égard des différences mutuelles. La plupart des immigrés souhaitent trouver du travail et être indépendants le plus vite possible, mais se heurtent à une discrimination sur le marché du travail.

La discrimination, et donc le manque d’intégration, est une question qui me préoccupe tout particulièrement. Nous savons que de nombreuses personnes appartenant aux minorités ethniques sont discriminées sur le marché du travail. Nous savons qu’elles ont du mal à trouver du travail, et que celles qui en trouvent ont souvent un emploi à un niveau inférieur à leurs compétences, leurs aptitudes, leurs ambitions et leur motivation. Beaucoup d’immigrés ont du mal à faire valider leur formation et leur expérience professionnelle à l’étranger. Je vais donc m’efforcer de mettre en place un système de validation efficace, afin que les gens compétents puissent trouver un travail correspondant à leurs aptitudes et à leurs qualifications. Tout le monde est d’accord pour dire que le travail est la clef d’une intégration réussie. Pour être citoyen à part entière dans la société norvégienne, il est fondamental que chacun puisse devenir autonome et subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille.

Il se trouve que beaucoup d’entreprises manquent de main d’œuvre, alors que de nombreuses personnes appartenant à des minorités ethniques ont du mal à trouver du travail. Dans ces conditions, il me paraît paradoxal que des demandeurs d’emploi dont le nom est étranger ne soient même pas convoqués à un entretien d’embauche, même si leur formation est norvégienne et s’ils répondent aux critères de qualification. C’est tout simplement du gaspillage de ressources humaines, et la Norvège n’en a pas les moyens. Le problème est de trouver comment faire pour que davantage d’individus qui souhaitent travailler puissent entrer sur le marché du travail. Il n’existe pas de solution simple, mais le plus important est de parvenir à une coordination entre les mesures en faveur de l’emploi et les entreprises. En plus, il faut s’efforcer d’éliminer la conception de la majorité des employeurs selon laquelle, comme dit le proverbe norvégien, «les enfants qui se ressemblent jouent le mieux ensemble». L’essentiel doit être la qualification de l’individu pour un emploi donné, et non son origine ethnique.

Avez-vous été confronté à des malentendus?

Non, et je pense que c’est essentiellement dû au fait que je suis né en Norvège, que j’y ai grandi, que je connais relativement bien la société et maîtrise parfaitement le norvégien. Le risque d’être mal compris est ainsi réduit.

Quel est votre souhait pour l’avenir?

Je souhaite une société où tout le monde ait le droit d’être différent. Tous les individus, quelle que soit leur origine, doivent avoir les mêmes possibilités de s’épanouir: trouver du travail, devenir autonomes et subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille. L’important est que les gens soient traités comme des individus ayant le même droit au respect de leur intégrité et de leur spécificité, indépendamment de qui ils sont ou de leur origine.

Ansvarlig for disse sidene J.W. Cappelens Forlag AS. Læremidlet er utviklet med støtte fra Utdanningsdirektoratet. Tilbakemeldinger: intro@cappelen.no