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Rajinder Kaur

infirmière sociale dans le quartier Søndre Nordstrand à Oslo

A votre avis, qu’est-ce que les nouveaux immigrés doivent savoir sur la santé et le système de santé en Norvège?

Il est important que les immigrés connaissent le système du médecin traitant. Ils doivent savoir que c'est à eux de choisir leur médecin traitant. S’ils ont des enfants de moins de six ans, ils doivent aussi prendre contact avec le centre de protection maternelle et infantile le plus proche ou l’administration de leur quartier pour que les enfants soient inscrits au centre. Malheureusement, beaucoup d’enfants sont exclus de ce système parce que le centre de protection maternelle et infantile ne connaît pas tous les jeunes enfants du quartier ou de la commune. Il faut que les parents sachent qu’ils doivent se présenter aux convocations du centre de protection maternelle et infantile ou bien les annuler. S’il arrive plusieurs fois qu’on ne se présente pas aux convocations, le service de protection de l’enfance peut intervenir. Beaucoup de gens ont l’habitude d’aller chez le médecin uniquement lorsqu’ils sont malades et n’ont pas l’habitude de faire contrôler leur santé de cette façon.

Les immigrés doivent également savoir qu’on ne va pas chez le médecin ou au centre de protection maternelle et infantile sans avoir pris rendez-vous. Si la situation n’est pas grave, on ne peut pas espérer avoir rendez-vous le jour même. Si on ne se présente pas à un rendez-vous et qu’on n’a pas prévenu le médecin, il faut payer une consultation.

Qu’attend le système de santé des immigrés?

Que les immigrés se familiarisent avec le fonctionnement du système de santé norvégien, et qu’ils viennent aux rendez-vous chez le médecin ou au centre de protection maternelle et infantile.

Et qu’attendent les immigrés du système de santé?

Ils veulent que leurs enfants et eux-mêmes soient correctement suivis et pris au sérieux. Ils veulent qu’on les traite avec respect.

Parfois, je crois que certains immigrés ont des attentes irréalistes à l’égard du système de santé. S’ils ont par exemple un enfant handicapé, ils doivent eux-mêmes se renseigner sur leurs droits et sur un éventuel traitement.

Beaucoup d’immigrés consultent le médecin pour des problèmes mineurs, un rhume par exemple. Ils trouvent que le médecin fait mal son travail quand il ne leur prescrit pas de médicaments pour cela et qu’il demande quand même à être payé.

Avez-vous été confronté à des malentendus?

Je me souviens quand je suis arrivée en Norvège. Je n’avais pas de famille ici, seulement mon mari. J’étais enceinte de notre premier enfant, j’avais des nausées, je ne me sentais pas bien et je vomissais très souvent. Il me semblait impossible d’aller au travail. Je suis allée chez le médecin pour demander un congé maladie. Il m’a dit que je n’étais pas malade, seulement enceinte. J’ai entendu la sage-femme dire dans le couloir: «Ne lui donnez pas un congé maladie. Elle est paresseuse, c’est tout!» Je me suis sentie tellement seule. J’ai eu l’impression d’être humiliée, soupçonnée de vouloir frauder pour rester chez moi. C’est important pour les gens d’être considérés avec respect.

Un autre point, mais je ne sais pas si on peut vraiment appeler cela un malentendu, est que certains parents trouvent parfois difficile de parler de leurs problèmes avec moi. S’ils parlent par exemple de leurs problèmes financiers, c’est déshonorant. Ils préfèrent alors ne rien dire et répondre «oui» quand je leur propose de mettre leur enfant au jardin d’enfants. Et quand leur enfant ne vient pas, je peux penser que les parents ne s’occupent pas bien de leur enfant.

Quel est votre souhait pour l’avenir?

J’aimerais qu’il y ait un centre médical pour les immigrés adultes. Ce serait un lieu de rencontre ouvert, qui proposerait différents groupes de conversation. Les thèmes seraient l’information aux parents, l’alimentation, le mode de vie, la santé et d’autres sujets d’actualité. Le thème principal serait le bien-être. Je crois qu’il faut apprendre à vivre avec quelques petits problèmes, et se rendre compte qu’on peut quand même avoir une bonne vie, se sentir bien et être heureux.

Ansvarlig for disse sidene J.W. Cappelens Forlag AS. Læremidlet er utviklet med støtte fra Utdanningsdirektoratet. Tilbakemeldinger: intro@cappelen.no